Aux origines du casino : des salons vénitiens aux tables de Monte-Carlo
Le mot casino vient de l’italien casa, la maison. Dès le XVIIe siècle à Venise, le terme désigne un petit pavillon de plaisance où l’aristocratie se retrouve pour converser, écouter de la musique et jouer. Le premier établissement de jeu au sens moderne ouvre à Venise en 1638 : le Ridotto. On y pratique la bassette et le pharaon, ancêtres du baccara. L’idée se diffuse ensuite en Europe : Baden-Baden, Spa, puis Monte-Carlo, fondé en 1863 par François Blanc, qui transforme une principauté pauvre en capitale du jeu. La France n’est pas en reste : Enghien-les-Bains, Deauville, Nice et sa Promenade des Anglais accueillent des cercles où l’on joue gros, entre boule, roulette et chemin de fer.
Comment le casino est devenu un lieu de spectacle total
Au XXe siècle, le casino ne se contente plus de tables de jeu. Il devient un complexe hybride : salles de spectacle, restaurants gastronomiques, hôtels de luxe, boutiques. Las Vegas incarne ce virage à partir des années 1940, avec l’ouverture du Flamingo par Bugsy Siegel, puis les megaplexes de Steve Wynn dans les années 1990. En France, les casinos sont strictement encadrés : seuls les établissements autorisés par le ministère de l’Intérieur peuvent proposer des jeux d’argent, et les villes thermales ou balnéaires bénéficient d’un régime particulier. Cette dualité entre divertissement populaire et régulation stricte façonne une culture unique, où le tapis vert côtoie le music-hall.
Le casino dans la culture populaire : films, littérature, musique
Le casino est un décor de cinéma par excellence. Casino de Martin Scorsese (1995) plonge dans les coulisses de Las Vegas, tandis que James Bond fait de la table de baccara un champ de bataille élégant. Dans la littérature, Dostoïevski écrit Le Joueur après sa propre expérience à Wiesbaden, et Ian Fleming situe l’action de Casino Royale à Royale-les-Eaux, station balnéaire fictive inspirée de la côte normande. La chanson n’est pas en reste : « The Man Who Broke the Bank at Monte Carlo » (1892) devient un tube, et Frank Sinatra chante les nuits de Vegas. Aujourd’hui, les jeux en ligne prolongent cette mythologie, avec des interfaces qui reprennent les codes visuels des salles traditionnelles.
Un patrimoine culturel et touristique vivant
En France, les casinos génèrent plus de 5 milliards d’euros de produit brut des jeux par an, selon l’Autorité nationale des jeux. Ils financent en partie les communes qui les accueillent et soutiennent l’emploi local. Leur architecture Art déco, comme celle du casino de Deauville, ou Belle Époque, comme à Vittel, attire des visiteurs curieux autant que des joueurs. Certains sites proposent des visites guidées, des expositions et des soirées à thème. Cette dimension patrimoniale explique pourquoi le casino reste un objet d’étude pour les historiens et un lieu de fascination pour le grand public.
Ce qu’il faut retenir
- Le mot « casino » vient de l’italien et désignait d’abord un salon de conversation.
- Le Ridotto de Venise (1638) est considéré comme le premier casino moderne.
- Monte-Carlo et Las Vegas ont façonné l’imaginaire du jeu et du luxe.
- En France, l’activité est strictement encadrée par l’État.
- Le casino inspire films, romans et chansons depuis plus d’un siècle.
Le casino n’est donc pas qu’un lieu de hasard : c’est un miroir de nos sociétés, entre rêve de fortune, architecture spectaculaire et traditions locales. Que l’on y entre pour jouer, dîner ou simplement admirer les dorures, on participe à une histoire culturelle qui traverse les époques.
Le casino a inspiré d’innombrables films et romans à travers le monde.